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Racket des policiers d’Abidjan
A force de racketter les chauffeurs de taxi, les policiers
d’Abidjan ne sont plus respectés. J’ai vécu une scène ce matin vers l’hôtel
Hamanieh où le chauffeur a carrément tendu l’argent au policier qui l’avait
arrêté devant nous sans descendre de la voiture. Celui-ci, sans gêne, lui dit
simplement « Descends au moins de la voiture ». Le chauffeur est
descendu, lui a remis l’argent et a démarré aussitôt, pendant que notre policier
notait le numéro du véhicule pour ne plus l’arrêter au cours de la journée.
Soulignons que l’histoire où l’on dit que les policiers
rackettent toujours même lorsqu’un véhicule est en règle est fausse. La semaine
passé, j’étais dans un taxi communal de Koumassi qui avait toutes ces pièces
(ce qui est rare), le policier l’a contrôlé et l’a laissé passer. Vous
remarquerez cela également lorsqu’ils arrêtent les taxis orange qui sont généralement
en règle.
Mais il arrive, c’est vrai que lorsqu’ils sont de mauvaise
humeur ou simplement gourmands, ils savent créer des infractions. Je me
souviens de ce chauffeur de Cocody, pour qui l’infraction était de ne pas avoir
de papier hygiénique dans son véhicule et de cet autre qui avait osé passer au
feu orange. Ça c’est lorsqu’ils ne trouvent pas de clignotants défectueux ou de
peinture rayée.
Il n’y a pas que les policiers qui sont corrompus en Cote
d’Ivoire. On parle beaucoup d’eux parce que leur cas est un racket organisé et exécuté
sur la place publique. Pendant un moment, un ministre avait décidé de faire
cesser cela en créant une unité spéciale de police routière. Aujourd’hui cette
unité a le même comportement que les autres et d’ailleurs, on les voit peu sur
les routes. C’est plutôt ceux qui n’ont rien à faire dehors, par exemple les
policiers de la brigade anti-émeute. Quelqu’un a dit qu’ils viennent sur les
routes pour s’assurer qu’il y’a pas d’émeutes dans les véhicules entre
chauffeurs et passagers. Allez comprendre.
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