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AFP - Les faux souvenirs induits, la vente
multi-niveaux, certaines techniques de coaching en entreprise et le
datura font partie de la moisson de la Miviludes (Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires) dans son rapport 2007 publié jeudi.
Il
s'agit du 5ème rapport annuel de la Miviludes, au coeur d'une polémique
le mois dernier, après les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, estimant qu'outre ce travail annuel, "la Miviludes ne fait rien".
Le
rapport fait également le point sur les techniques de lobbying des
sectes auprès des organismes internationaux, à partir de l'exemple de
l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe),
et sur le phénomène du satanisme qui concernerait de près ou de loin
environ 25.000 personnes en France, dont 80% de moins de 21 ans.
Il
pointe aussi le néo-chamanisme et l'usage d'une substance, le datura,
plante courante aux fleurs très parfumées et réputée toxique, qui tend
à remplacer l'iboga, inscrit au tableau des stupéfiants.
"Les
sectes évoluent mais elles sont toujours là", estime Jean-Michel
Roulet, président de la Miviludes qui souligne qu'à partir de 2000
elles se sont "engouffrées" dans le domaine de l'accomplissement de
soi, les unes dans l'humanitaire, les autres dans les techniques de
"recherche de son moi profond".
Le travail sur la mémoire est une
des bases de la psychanalyse, en revanche "le +faux souvenir induit+
résulte de techniques d'autosuggestion ou d'une influence indue
qu'exercent certains thérapeutes". Ceux-ci "manipulent" le patient en
l'amenant à se rappeler des abus -souvent à caractère sexuel- subis
dans la petite enfance qui constituent le "syndrome du faux souvenir
induit", dévastateur pour le patient lui-même et pour sa famille.
Le
phénomène est apparu aux Etats-Unis dans la seconde moitié du XXème
siècle et "se développe de manière inquiétante en France".
C'est
aussi au nom de la "sujétion de l'individu" que la Miviludes s'est
intéressée à la vente multi-niveaux, qui consiste à vendre des produits
ou services, le plus souvent liés au bien-être, et à convaincre les
acheteurs de devenir vendeurs à leur tour. Ils n'ont pas de contrat de
travail, sont rémunérés au pourcentage, et les plus convaincus
finissent par quitter leur travail et ne plus fréquenter que les
membres du réseau.
Autre risque d'embrigadement avec
l'application au coaching en entreprise de la théorie des
"constellations systémiques", inventée par l'américaine Virginia Safir
à partir de l'observation des tribus en pays zoulou: le groupe -en
l'occurence l'entreprise- fonctionne comme un corps biologique où
chacun a un rôle précis. Une des dérives est de considérer que chacun
fait partie du groupe et que c'est au groupe de tout décider pour lui.
Le
rapport 2007 consacre un chapitre à la "stratégie d'influence de la
mouvance sectaire à l'international", notamment auprès de l'OSCE
(Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et
particulièrement d'un de ses organismes, le BIDDH (Bureau des
institutions démocratiques et des droits de l'homme). Plusieurs
mouvements -la Miviludes cite la Scientologie, les raéliens et les
Témoins de Jéhovah- viennent y dénoncer la lutte contre les dérives
sectaires au nom des atteintes à la liberté religieuse. Toutes les
interventions étant publiées, elles ont de ce fait une diffusion et une
respectabilité assurées.
Une autre technique est de mettre en
cause les acteurs de la lutte contre les dérives sectaires, en visant
les personnes elles-mêmes ou en mettant en cause le bien-fondé des
subventions dont elles bénéficient.
Ce rapport a été remis mercredi au Premier ministre, dont dépend la Miviludes.
Source: AFP
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