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Très
mal en point même. La raison, cet homme âgé d’environ 35 ans, a été
criblé de balles par un prétendu marabout qui lui avait promis de le
rendre invulnérable aux plombs. Si Mouroufié est encore en vie, son
état de santé est, toutefois, jugé préoccupant.
De quoi s’agit-il ?
Selon les informations en notre possession, cela fait un bout de temps
que Mouroufié était au chômage. C’est en effet après avoir échoué à
deux reprises au Baccalauréat à Tanda, qu’il choisit de se rendre à
Abidjan avec le secret espoir de s’insérer dans le tissu social. Sur
place dans la capitale économique, les choses ne sont faciles pour lui.
Après plusieurs péripéties durant de longs mois, il finit par taper
dans l’œil des responsables d’une structure financière.
Ces
derniers lui proposent le poste de vigile de nuit. Malgré la
délicatesse de la proposition, Mouroufié accepte l’offre. D’ailleurs
avait-il vraiment le choix ? Dans le courant du mois de juillet 2007,
il commence son boulot. Ainsi dès la tombée de la nuit, on le voit, à
son poste, faire le guet avec un gourdin en main. Et cela, jusqu’au
lever du jour. Apparemment, tout se passe bien. En dépit de tout, le
nouveau vigile a une préoccupation. Avec la grande insécurité qui règne
à Abidjan, il trouve assez risqué d’exercer son métier sans la moindre
précaution sécuritaire. En clair, il se dit qu’il a besoin de se
protéger des balles au cas où des malfaiteurs tiraient sur lui. Sait-on
jamais. Surtout que ses collègues, pour la plupart d’origine étrangère,
le lui recommandent fortement. Où trouver alors le mystique indiqué
pour faire le travail ? Il prend langue avec l’un de ses oncles dans le
Zanzan. Ce dernier le met sur la piste d’un marabout réputé pour sa
maîtrise des choses mystiques et qui résiderait dans une localité du
département de Bondoukou. Le vigile ne perd pas de temps. Il se rend,
dans le courant du mois d’août dernier, dans le Zanzan qui, du reste,
est sa région d’origine. Accompagné de l’un de ses cousins, il n’a pas
de difficulté à trouver le marabout en question, dans son bourg.
A
l’intérieur d’une masure en banco aux murs craquelés, qui lui sert de
sanctuaire, le mystique, la soixantaine environ, entame un long rituel
fait de sacrifices et autres ingurgitations de décoction. En
définitive, le vigile se voit remettre des amulettes supposées le
protéger des balles. Cela fait, il faut passer à l’essai.
C’est le
principe. Là, il y a problème. Le vigile surpris par la proposition de
son hôte est vraiment embarrassé. Mais au fond, il se dit que le
marabout ne serait pas sûr de son affaire, qu’il ne lui aurait pas
proposé, un tel essai. D’ailleurs ce dernier le rassure. Quoique
apeuré, Mouroufié accepte et se met contre un arbuste. Le dos tourné.
Il demande toutefois au marabout de pointer le canon du fusil contre
son postérieur. Question pour lui de protéger ses parties vitales au
cas où l’opération échouait.
Les moments qui suivent, un retentissant
coup de feu se fait entendre dans la zone. Provoquant un mouvement
d’envol des oiseaux perchés sur les arbres environnants. Hélas, un cri
strident, qui traduit une douleur, s’ensuit. L’opération a échoué. Les
fesses et même les cuisses du pauvre vigile sont littéralement criblées
de chevrotines. Il s’écroule. Au moment où nous mettions sous presse,
la vie de Mouroufié serait hors de danger. Toutefois, son état de santé
le rend indisponible, pour plusieurs semaines. Retrouvera-t-il à temps
son poste ? Rien n’est moins sûr.
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